Apprentis écrivains : un vol au château de Versailles un atelier d’écriture pour nos sixièmes en collaboration avec les CM1 et CM2 du bassin

par M.Boutonnet-Walter

Les sixièmes du groupe 1 et du groupe 5 ont pu, accompagnés de Monsieur Boutonnet-Walter, participer à la création d’une histoire à partir d’un album de dessin scénarisé par Hélène Montardre et illustré par Nans Gral.

Le scénario est le suivant : une jeune servante à la cour du Roi soleil surprend un vol, elle se lance à la poursuite du voleur ...

Voici les deux groupes gagnants que nous félicitons :

Hajar Z (603), Armellia B-T (603),
Hamza B (603), Kylian C (604), Harry A (601)

Une étrange journée à Versailles

Lors d’une journée ensoleillée, Louis XIV, le Roi-Soleil, avait invité toute la cour à la Galerie des Glaces. Une jolie servante nommée Élisabeth tenait dans sa main un magnifique vase doré avec des tournesols. Elle admirait les rubis étincelants de Dame Louise. Quand Louis XIV arriva, toute la cour le salua. Charles de Barreau, noble courtisan, lui fit la révérence en lui disant : « Longue vie à notre roi ! ». La foule applaudissait en répliquant : « Longue vie, longue vie ! ». Dame Louise regarda Louis XIV avec admiration. Le roi se sentait envié et marchait avec confiance et dignité. Élisabeth regarda encore une fois le collier étincelant et magnifique de Dame Louise quand, tout d’un coup, elle aperçut une personne vêtue d’une chemise violette qui déroba le précieux bijou de Dame Louise. Elisabeth, surprise, resta bouche bée.

Lors de son déjeuner, Louis XIV se régala de volaille et de vin. Le serviteur de Louis XIV lui apporta une grosse dinde fumante. Pendant ce temps, la personne avec l’étrange manche violette surgit entre les rideaux et déroba la soupière. Élisabeth, qui se tenait devant, fut surprise, mais le serviteur du Roi-Soleil ne remarqua rien. Dame Louise, qui se tenait devant le roi, fut émerveillée par les gestes gracieux et doux de son Altesse.

Les visites continuèrent et, bizarrement, Élisabeth eut une étrange sensation et, soudain, elle découvrit la pièce secrète de la personne avec l’étrange manche violette. Élisabeth eut un énorme doute à propos du grand rideau. Le rideau avait bougé un instant, comme si quelqu’un était rentré à l’intérieur. Élisabeth franchit le rideau et vit une porte. Lorsqu’elle l’ouvrit, elle fut étonnée de voir un énorme tunnel très sombre, avec peu de lumière seulement. Quelques bougies éclairaient le tunnel. Elle ne vit point l’ombre du voleur à la manche violette.

Samya B (607), Mélissa B (608), Jade G (607), Salma A (606) Mohammed-Amir S (607)

Le voleur aux manches violettes :

En cette belle matinée d’avril au château de Versailles, dans la Galerie des Glaces, Louis XIV faisait sa promenade habituelle. Les courtisans l’admiraient et le saluaient avec respect et grâce. Marie, une des domestiques, posait les fleurs fraîchement cueillies à l’aube et regardait avec envie et admiration leurs vêtements fabriqués avec de la soie, du velours et des tissus de valeur. Elle était en particulier émerveillée par la parure que portait Dame Élisabeth, faite de perles précieuses et de trois rubis écarlates, dont un colossal. Dame Élisabeth, avec son magnifique bijou qui reflétait la lumière des chandeliers sur son visage souriant, faisait des envieux et des envieuses.

Le duc de Sèvres fit une révérence, des marques de respect et un baise-main à Sa Majesté. Tout en regardant la révérence du duc de Sèvres à Sa Majesté, Dame Élisabeth ne fit guère attention à son magnifique collier, contrairement à Marie, subjuguée par le bijou. Celle-ci remarqua qu’une personne aux doigts fins et aux manches bouffantes le lui retira en douce. Heureusement, Marie vit la couleur de ses manches : toutes les manches étaient d’un violet sobre et la dentelle était d’un blanc clair et propre. Marie, encore surprise de ce qui venait de se passer, réfléchit un instant : cette personne qui avait volé la parure ne faisait pas partie des courtisans, car aucun d’eux n’avait de manches violettes. Qui était donc cette personne qui n’avait aucune honte à voler un bijou de valeur sous les yeux de Sa Majesté et de la cour ? Ne craignait-elle pas qu’on la prenne en flagrant délit ? Marie se ressaisit et se jura d’être la première à retrouver le bijou de Dame Élisabeth.

Deux heures plus tard, l’église sonna douze coups. C’était l’heure pour Son Excellence de déjeuner. Les servants se dépêchaient et servaient le roi de toutes sortes de nourriture. On servit d’abord un poulet tout droit sorti du four et accompagné de pommes de terre sautées à l’ail. Marie aimait cette salle rouge et or. Les murs étaient faits d’un marbre sculpté. Les plafonds étaient ornés de lustres. Monsieur Deschamps et son épouse s’amusaient en regardant Son Excellence manger. Le regard de Marie se posa sur le serveur tenant une soupière. La soupière était en argent éclatant, elle était posée sur un plateau. Soudain, la manche violette réapparut. Marie, interloquée, se rappela que cette manche ne lui était pas inconnue. Oui, c’était la manche de la personne qui avait volé la parure de Dame Élisabeth. Et maintenant, ce malotru s’en prenait à la vaisselle du roi. Le temps de sa réflexion, la manche et la soupière avaient disparu ! « Malheur, se dit-elle, il m’a encore échappé ! »

Elle sortit de la salle et se dirigea vers le corridor, puis regarda autour d’elle : personne ne portrait de manches violettes. Soudain un détail lui mit la puce à l’oreille , il y avait un rideau de la même couleur et avec les mêmes motifs, étrange … Marie prit peur : que cachait ce rideau ? Un tableau, une cachette secrète, un meurtrier se cachait-il derrière ? Marie prit son courage à deux mains et dégagea le rideau. Elle vit alors… un couloir sombre qui sentait le vieux et le renfermé. Éclairé d’une dizaine de bougies suspendues, le couloir semblait infini, car on n’en voyait pas la fin. Marie hésita : devait-elle prévenir quelqu’un, y aller toute seule ou encore faire comme si elle ne savait rien ? La curiosité l’emporta et elle décida de s’aventurer seule…